Installé à Combressol, en Corrèze, sur le plateau de Millevaches, Salgos est un collectif de jeunes qui réinvestit une ancienne colonie de vacances pour en faire un lieu de vie, d’accueil et de créativité. Entre laboratoire agroécologique, école des coopérations et fabrique d’imaginaires, le projet est un lieu-réseaux qui veut agréger, notamment via la coopération et l’apéro, les générations autant que les cercles sociaux. Pensé comme un lieu de vie fertile, festif et solidaire, Salgos s’ancre avec joie et humilité dans un territoire aux dynamiques locales particulièrement développées.
Des bases solides
Salgos est né de l’envie commune d’une troupe d’ami·es engagé·es dans les luttes sociales, démocratiques et écologiques de décroître à plusieurs et durablement s’ancrer. Les membres du collectif ont déjà partagé plusieurs expériences de vie collective, porté différents projets – Fertîles, L’Université du Nous, Le Bruit qui Court, La Bascule… – et expérimenté de nombreuses pratiques de coopération avant de poser leurs valises en Corrèze.
L’ancienne colonie de vacances leur est alors apparue comme un terrain de jeu idéal pour accueillir leur mille idées, expérimenter, apprendre et construire dans la durée.
Apprendre en faisant
Depuis la récupération des clés, le projet avance par itération : réunions, chantiers, galères, élans collectifs, attentes, trouvailles emmerdantes, bricolages et systèmes D… voilà le sel des installations collectives : apprendre à danser ensemble sous la pluie. Car remettre en conformité ERP un lieu pareil dans un calendrier aussi serré (3 mois !), c’est comme être dans Mission Cléopâtre sans potion magique – quoique, la coopération s’y apparente.
Le collectif rassemble des personnes issues des mondes de l’éducation populaire et de l’intelligence collective, du cinéma, de l’artivisme, de l’agroécologie. Formé·es à la facilitation, aux outils de gouvernance partagée et à la gestion des conflits, les habitant·es cherchent à construire une manière de vivre ensemble à la fois sobre, bien ancrée dans la teuf, autant que dans le silence – bébé oblige ! La coopération y tient une place centrale, tout comme l’attention portée aux rythmes de chacun·e, aux émotions, aux récits et à la qualité des liens. À Salgos, la transmission commence par l’incarnation. Montrer l’exemple n’est pas le meilleur moyen de convaincre, c’est le seul, disait Gandhi.
Un écolieu agri-culturel
Le lieu a vocation à accueillir des résidences artistiques, des séminaires, des guinguettes, des assemblées au service du territoire et de liens authentiques qui donnent la part belle à la vulnérabilité et à l’empouvoirement.
Une partie du terrain est également consacrée à des activités paysannes menées à petite échelle. Trois membres de la troupe souhaitent y expérimenter des pratiques inspirées de l’agriculture de régénération — hydrologie
régénérative, agroforesterie syntropique, philosophie de la permaculture — afin de produire fruits, légumes et champignons pour les événements du lieu et, à terme, pour les habitant·es du territoire. C’est en se plantant qu’on pousse se rappelle-t-on à Salgos. Ici, les échecs sont envisagés comme du compost : une matière fertile capable de nourrir les projets qui naissent.
Le soutien de la Coopérative Oasis
Remplie de souvenirs d’enfants, cette ancienne colo’ (et futur !) a su émouvoir les partenaires : la Coopérative Oasis (dont l’apport financier s’élève à 200 000 € sur 10 ans) s’ajoute à l’apport financier des 10 personnes sources ainsi qu’à pas moins de 70 épargnant·es solidaires. Deux associations détiennent 90 % des parts de la SCI Les Mioches, afin d’éviter toute déconvenue liée à un potentiel enrichissement des individus.
Le futur dès à présent
Ancré dans un territoire riche en alternatives et en radicalités, le collectif souhaite tisser des liens forts avec les associations, collectifs, institutions ou autres clubs sportifs. Nourri par d’autres projets similaires de France et de Navarre, Salgos aspire, à son tour, à contribuer à des formes de vie post-capitalistes où l’entraide et l’expérimentation sont célébrées. Une manière, aussi, de participer à l’émergence de véritables réseaux des tempêtes.