Installé à Féas, dans le Béarn (Pyrénées-Atlantiques), Terres de Ciel renaît en 2026, après une première aventure collective en Mayenne. Le projet s’ancre aujourd’hui dans un nouveau lieu, pensé comme un espace d’accueil et d’expérimentation d’un mode de vie différent, où la relation humaine est au centre.
Une bande de copaines et une envie commune : remettre la relation au centre
À l’origine de Terres de Ciel, il y a la rencontre d’une bande de copaines qui se sont croisées au fil de stages de néotantra et d’explorations intérieures partagées, et ont ressenti une affinité profonde autour du besoin de vivre autrement. Le projet émerge d’un désir commun : ouvrir un espace refuge et d’accueil où la vie relationnelle serait centrale, et où il serait possible d’expérimenter une manière de vivre ensemble fondée sur l’expression authentique, l’écoute et la transformation des relations.
Le projet prend forme en septembre 2024, dans une maison en Mayenne. Sur place, le collectif expérimente la vie partagée : accueil de coliveur·euses, organisation de stages et de temps collectifs, mutualisation des ressources, apprentissage de la coopération au quotidien. Cette première maison devient un véritable terrain d’essai, un lieu d’expérimentation intense, joyeux et parfois chaotique, où se construisent des bases solides… et où apparaissent aussi les limites d’un premier modèle.
Un an plus tard, le départ de cette maison marque un tournant important. Le déménagement oblige le collectif à redéfinir ses ambitions, à clarifier ce qu’il souhaite réellement porter dans la durée, et à repenser son organisation.
Progressivement, une nouvelle équipe se dessine.
Les trois principales porteuses de projet sont :
- Fanny, en reconversion vers l’accompagnement énergétique et passionnée par les questions de relation et de sexualité ;
- Mégane, graphiste et créatrice de l’identité visuelle et de l’atmosphère du lieu ;
- Mana, elle aussi en reconversion vers un parcours de thérapeute, garante de la vision globale, de la cohérence politique et de la gouvernance collective.
Elles assurent aujourd’hui la continuité et la structuration de Terres de Ciel.
Elles sont rejointes par Raphaël, dont l’intérêt pour les systèmes, l’organisation collective, les travaux et le jardin soutient concrètement le développement du lieu, tandis que les six autres membres de la première aventure prennent le temps de se repositionner, certain·es restant proches du projet, d’autres poursuivant leur chemin ailleurs.
Un nouveau départ à Féas, au cœur du Béarn
C’est à Féas, dans le Béarn, entouré de montagnes, que Terres de Ciel trouve aujourd’hui son nouveau point d’ancrage. Dès la première visite, le collectif est séduit par la beauté du lieu, la maison, le paysage et l’atmosphère du territoire.
« On a eu un vrai coup de cœur. Le cadre, la maison, l’accueil sur place… tout donnait envie de s’installer et de prendre le temps de faire les choses bien », confie Fanny.
Ce lieu devient accessible grâce à la Foncière Oasis, dans le cadre d’un partenariat avec le le fonds de dotation Fraternité pour Demain. Concrètement, des propriétaires ont cédé le lieu à ce fonds de dotation, qui l’a remis en bail emphytéotique pendant 99 ans à une SCI dont la Coopérative Oasis détient 95% du capital. Ainsi la Coopérative Oasis dispose du lieu comme un propriétaire pendant 99 ans, peut le rénover et l’entretien et sort ainsi ce domaine remarquable de toute spéculation immobilière pour le mettre à disposition de collectifs engagés. Ce montage permet d’éviter au collectif le poids de l’achat immobilier, tout en offrant une sécurité dans le temps indispensable pour expérimenter et consolider la vie collective.
Comme le dit Mana :
« C’était notre rêve de pouvoir nous installer durablement en collectif sans avoir à investir dans l’immobilier — déjà parce que nous n’en avions pas vraiment les moyens, étant plutôt jeunes et sans capital, et puis parce que cette sécurité nous permet d’avancer et d’expérimenter vraiment. »
Une maison à réhabiliter et un projet à construire
Si la maison est magnifique, elle nécessite aujourd’hui des travaux pour être pleinement adaptée aux besoins d’un collectif. Le projet prévoit une réhabilitation du lieu, avec une attention particulière portée à l’écoconstruction, aux matériaux, à la sobriété énergétique et à l’adaptation du bâti aux usages collectifs. Ces travaux seront financés et accompagnés par la Coopérative Oasis, en lien étroit avec le collectif.
L’objectif est d’aménager la maison commune avec des espaces conviviaux, des zones de vie partagée, des chambres d’accueil et des espaces de travail, afin de soutenir une vocation d’accueil en coliving, de retraites, de résidences, d’ateliers et de temps d’expérimentation.
La grange, qui fait également partie du lieu mais a été en grande partie détruite par un incendie, représente un projet à plus long terme. Sa réhabilitation complète est envisagée afin d’accueillir des groupes plus larges, des ateliers, des résidences ou d’autres temps de rencontre collective. Ces chantiers deviendront des occasions d’implication, d’apprentissage et de co-création pour le collectif et les personnes qui viendront s’y investir.
À terme, l’objectif du lieu est également de s’ouvrir sur son territoire, avec l’envie de tisser des liens avec les habitant·es, les associations et les initiatives locales.
Vivre ensemble autrement : pratiques relationnelles et gouvernance partagée
À Terres de Ciel, la vie collective s’organise autour de pratiques de relations authentiques : des temps pour exprimer ce qui est vivant, rendre visibles les états émotionnels, exprimer des désirs, poser des limites, et partager les joies comme les tensions. Le collectif accorde une place importante aux rituels, aux temps quotidiens partagés et aux moments de connexion, convaincu que la qualité du lien est un pilier fondamental du projet.
Cette manière de vivre ensemble s’appuie aussi sur un choix de sobriété et de mutualisation au quotidien. À Terres de Ciel, chaque personne dispose d’un espace individuel dans la maison (chambre), tandis que les cuisines, salles de bains, salons, espaces de travail et la buanderie sont partagés. Les courses alimentaires et les charges de la vie quotidienne sont mutualisées, tout comme les véhicules et trajets, afin de réduire les coûts, l’impact écologique et de favoriser une organisation plus solidaire. Cette mutualisation est pensée comme un levier concret pour cultiver un mode de vie plus sobre, sans renoncer au confort ni à l’autonomie de chacun·e.
« À plusieurs, on s’organise mieux : on va chez les producteur·rices du coin, on mutualise, on fait attention. Nourrir un collectif change complètement la manière de consommer. » souligne Mégane.
Côté gouvernance, Terres de Ciel s’inspire des principes de l’holacratie et des principes sources. L’organisation repose sur des cercles de gouvernance et des rôles clairement identifiés et répartis entre les membres. Cette structuration permet à chacun·e de participer aux décisions tout en clarifiant les responsabilités individuelles et collectives.
Une nouvelle oasis… de biodiversité
Avec ce nouveau lieu, Terres de Ciel rejoint le réseau des Oasis et s’inscrit dans une dynamique d’expérimentation d’autres manières d’habiter et de faire société. Le collectif peut désormais s’installer durablement et poser les bases d’une vie collective appelée à durer, dans le cadre sécurisé offert par la Coopérative Oasis, tant sur les plans foncier, financier qu’humain.
Le lieu bénéficie d’une Obligation Réelle Environnementale qui protège juridiquement certaines partie du terrain riche en biodiversité.
Avec sa belle prairie, son petit bois, fait partie d’un quartier du village de Féas. On y trouve de l’eau, un petit ruisseau, un puits, une source, une zone humide, un ancien captage d’eau qui alimentait la maison de maître.
On trouve sur le terrain de beaux arbres, chênes , frênes, platanes , tilleuls, châtaigners, peupliers
La prairie est entourée de haies naturelles avec en décor de fond la chaîne des Pyrénées et les premiers sommets à 2000 mètres.
Pour aller plus loin
facebook.com/people/Terres-de-ciel/61570645839560