Le Château Pergaud, animé par l’association le peRgo se vit comme « une aventure agri-culturelle »… Situé à Allex dans la Drôme, à 2 km du village, le site offre 1500 m² habitables et 4 hectares de nature, tout près de la rivière et du lac de Grâne.
Le collectif s’engage autour de trois axes : l’autonomie au sens large, l’art et la culture et l’accueil de groupes en lien avec la notion de « Buen vivir ».
Une bonne trentaine d’habitants de 2 à 73 ans vivent sur place. Des woofeureuses et des personnes accueillies en hébergement solidaire ou en simples visiteurs complètent la joyeuse équipe.
Les 1001 vies du château
Le Château Pergaud a eu plusieurs vies : ancienne ferme-école datant du milieu du XIXe siècle, lieu d’élevage de poulets, centre d’hébergement d’urgence puis centre d’accueil pour migrants… Il a gardé sa vocation collective en devenant un habitat participatif en 2020.
L’une des singularités du lieu est d’avoir été créé par des personnes qui ne se connaissaient pas… En effet, sur la base d’une dynamique lancée en amont par l’association L’Université de l’Avenir, qui a avait repéré le lieu à la vente en 2018 et qui portait un projet d’habitat intergénérationnel, des centaines de personnes ont participé à des visites groupées pendant environ 1 an et demi…
Au final, une douzaine de personnes se sont lancées dans ce pari un peu fou porteur de rêves.
Un collectif caméléon
Au bout d’environ neuf mois, des tensions sont apparues et le recours à un médiateur a permis de poser un diagnostic partagé : il existait une ligne de fracture entre les tenants d’un lieu d’habitat groupé constitué d’appartements privatifs et d’espaces partagés et celles et ceux qui s’orientaient aussi vers un lieu de vie animé et ouvert sur l’extérieur, une programmation riche en évènements artistiques et culturels et le souhait de créer à terme de l’activité génératrice de revenus. A ce moment-là, le modèle économique a aussi été repensé, dans l’optique de limiter la spéculation immobilière et de favoriser la location de logements à loyer accessible tenant compte des difficultés croissantes de trouver à se loger dans la vallée…
Après quasiment 3 ans d’expérience, le collectif a beaucoup changé et il est probable, en vertu de sa taille, qu’il continue à être mouvant. L’un des enjeux est donc à la fois la stabilisation des énergies et aussi la définition d’un cap commun clair et fédérateur.
L’ancrage dans la Biovallée
Une petite ombre au tableau néanmoins dans le cadre idyllique du château : les relations avec le Maire restent tendues, ce dernier n’étant visiblement pas très enthousiaste qu’un projet de cette nature ait pris racine sur sa commune… Ce qui n’empêche pas l’association le peRgo de nouer de nombreuses relations avec les associations et les acteurs localement, car en Biovallée, les initiatives vertueuses fourmillent et c’est stimulant de voir qu’un territoire à dominante rurale s’engage fortement dans la transition.
Parmi les projets en cours et en gestation : la production et la commercialisation de kombucha, l’installation de ruches, d’un fournil, la fabrication de produits à partir de lait de brebis, l’entretien du parc grâce à l’écopâturage, la création d’une pépinière, la réfection de la toiture du poulailler (hangar de 800m²) puis de la charpente et du toit de la grange (bâti ancien de 200 m²). Un projet de ferme pédagogique couve aussi tranquillement…
Plusieurs habitants sont en reconversion professionnelle, certains ont une activité professionnelle extérieure à temps partiel ou à temps plein ou alors s’impliquent à 100% dans l’animation et la gestion du lieu… Beaucoup consacrent un temps bénévole conséquent pour faire vivre le site… Conscients des limites de ce fonctionnement, une réflexion est en cours pour permettre une viabilité globale reposant sur un équilibre à trouver entre projets développés sur place et activités extérieures.
Le soutien de la Coopérative Oasis
Le financement de la Coopérative Oasis d’un montant de 200 000 € va permettre de réaliser les travaux les plus urgents : un chantier de réfection du poulailler sera programmé en septembre 2023.
Le projet de changement de chaudière (le château étant actuellement chauffé au fioul), est reporté à l’année prochaine pour des raisons d’urbanisme réglementaire (la demande de déclaration préalable pour s’équiper d’une chaudière à bois déchiqueté n’a pas abouti favorablement malgré l’obtention d’une aide de l’ADEME).
Pour le Château Pergaud, participer au réseau des oasis est une évidence, afin de contribuer à rendre visible des démarches à la fois convergentes et uniques, faciliter leur multiplication, échanger entre écolieux sur des thématiques spécifiques et se nourrir d’une énergie constructive.
Pour aller plus loin