Maison du Haut

En 2020, quatre amis en quête d’un retour à l’essentiel ont décidé de passer à l’acte en transformant un gîte-camping-auberge en écolieu dans le Jura. La Maison du Haut, une vieille bâtisse en lisière de forêt a vu de nombreux randonneurs équestres et pédestres durant ses 30 années d’activité. C’est avec ce jeune collectif qu’elle opère une révolution écolo !

©Maison du Haut

De la Drôme au Jura

L’histoire commence avec l’envie de Julien de changer de mode de vie.

« J’ai 2 enfants et je souhaitais qu’ils puissent grandir plus près de la nature. Ayant habité dans le Diois, le pays des alternatives, j’ai commencé à faire de l’écoconstruction et aidé plusieurs écolieux dont un en tant que chef de chantier. Au fil du temps, j’ai eu envie de vivre dans un tel lieu.»

C’est dans la Maison du Haut, alors déjà en vente, que Julien fête un anniversaire. Lui et son ancienne conjointe réfléchissent à l’acheter. « Le lieu était parfait mais trop grand pour nous deux, poursuit Julien. Le collectif a donc émergé comme la solution naturelle pour mener le projet à bien. J’ai appelé d’autres personnes. On a formé le collectif et on s’est lancé ! »

Yoann rencontre Julien sur le chantier participatif d’une maison terre-paille située dans un écohameau à l’été 2019 à Luc-en-Diois. Lui aussi travaille dans l’écoconstruction et cherche une vie plus proche de la nature. « Deux jours avant que Julien m’appelle pour me parler du projet, une séance de sophrologie me révèle que j’ai besoin d’un écolieu associant écoconstruction et spiritualité. Je n’hésite donc pas une seconde : je réponds tout de suite oui à la proposition… »

Aurélie a un parcours un peu similaire. « J’ai toujours été attachée à l’idée de décroissance, explique-t-elle. Je vivais en Essonne, j’avais mon auto-entreprise autour de l’animation de jeux de société. Il y a 4 ans, j’ai eu profondément besoin de réaligner mes actes, mon cadre de vie et mes convictions. J’avais envie de davantage prendre ma part dans la construction de l’après. J’ai donc lâché mon appartement et mon entreprise et je suis partie en wwoofing pendant 1 an et demi en France. J’avais besoin de retourner vers la terre, j’ai fait beaucoup de maraîchage. C’était comme un appel. » En contact avec Julien qu’elle a rencontré dans la Drôme au début du premier confinement, elle apprend qu’il souhaite monter un écolieu. Ils se retrouvent pour une visite et Aurélie rejoint naturellement l’aventure.

À 24 ans, Clémence est la plus jeune du collectif. Après avoir travaillé auprès des chevaux, elle décide de tout quitter pour suivre sa sœur Aurélie dans l’aventure de la Maison du Haut, attirée par la vie en collectif et par un cadre plus naturel.

©Maison du Haut

Acheter un lieu sans apport

La Maison du Haut est née sans qu’aucun de ses membres n’ait d’apport financier. « Le lieu coûtait 350 000 € et aucun de nous n’ayant d’économies, explique Aurélie, nous avons décidé de faire un appel aux dons auprès d’amis et de connaissances pour constituer un premier apport. On a reçu beaucoup de retours et de soutien financier ce qui a permis de lever 45 000 €. Suite à cela, nous sommes rentrés en contact avec la Coopérative Oasis pour un accompagnement et un complément d’apport financier. Après avoir défendu le projet en commission, la coopérative à décidé de soutenir le projet à hauteur de 160 000 €. Grâce à l’expertise et l’accompagnement des membres de la coopérative nous avons pu monter un dossier bancaire solide auprès de la NEF qui a décidé de financer le complément. » Entre le moment où le groupe a visité le lieu pour la première fois et celui où il l’a acheté, à peine un an s’est écoulé. Une courte durée assez rare dans le montage de ce genre de projet.

©Maison du Haut

Partir de l’activité économique

L’idée de base était de réfléchir le projet comme un système ascendant où les diverses activités ainsi que le lieu se soutiendraient et se nourriraient mutuellement .

En effet, chaque membre vise à y installer ses activités propres : Yoann dans l’hypnose, Clémence dans le yoga, Aurélie dans les jeux de société et Julien dans la construction de roulottes.

De plus, partir d’une activité économique viable et ayant déjà fait ses preuves avait pour but de soutenir de manière pérenne le volet écologique et le développement du lieu.

Actuellement aucun des membres ne se rémunère de l’activité de tourisme et tous les revenus dégagés sont utilisés pour rembourser l’emprunt et pour développer l’écolieu.

Compte-tenu de l’afflux de publics sur les périodes estivales, le lieu vise à devenir une vitrine de pratiques respectueuses de l’environnement. Pendant la haute saison, le lieu offre 49 couverts, 19 couchages dans un gîte de groupe, 19 couchages dans les chalets et 20 places de camping.

Le montage juridique est à l’image de cette pluriactivité : la SCI a acheté le bien, la SAS gère les activités économiques (camping, gîte, auberge…) et une association s’occupe de la sensibilisation et des événements.

« Notre première responsabilité collective est que le lieu tourne et soit bien géré,” explique Aurélie. Tous les 15 jours, le travail est réparti entre tous les membres du collectif. Personne n’a véritablement de rôle, la répartition se fait de façon informelle et naturellement équitable.

Aujourd’hui, la Maison du Haut est surtout un gîte et camping écologique. Mais le collectif ne veut pas s’arrêter là. Il souhaite construire un dôme pour accueillir les activités de leur association et de celles des alentours pour relier au maximum le lieu à son territoire.

©Maison du Haut

Du camping à l’oasis

Les 4 habitants ont dû trouver localement des solutions temporaires d’hébergement et veulent à terme s’installer dans des habitats réversibles sur le camping ou un terrain attenant. Chacun est très attaché à résider dans un habitat sobre et à faible impact environnemental tout en ayant son intimité afin de vivre le collectif au mieux. A l’heure actuelle, le groupe constitue ce projet d’aménagement afin d’obtenir toutes les autorisations.

Un des objectifs du collectif est de gagner en cohérence chaque année. Les chambres seront rénovées avec des enduits terre-végétaux, les appartements avec des matériaux bio-sourcés. Le groupe s’approvisionne déjà en nourriture biologique et locale, et travaille à une activité d’accueil générant le moins de déchets possible.

Tout le monde met la main à la pâte pour entretenir les extérieurs. Dès 2022, les touristes planteront la tente à deux pas du potager qui se trouve au milieu du camping. Le but est avant tout qu’ils voient pousser ce qu’ils mangent et redécouvrent la joie de la simplicité. Dès 2023, le potager permettra de fournir presque en totalité les pensions faites à l’auberge de la Maison du Haut.

©Maison du Haut

La place de l’humain

Tout n’a pas été toujours facile pour la Maison du Haut, comme pour bien des collectifs. En effet, la vitesse à laquelle le projet s’est monté n’a pas laissé un temps de gestation à chaque individu ni au groupe. Petit à petit des tensions d’ordre organisationnel, personnel et philosophique ont émergé. La nécessité est alors apparue d’acquérir des outils pour apprendre à gérer nos propres collectifs internes pour ensuite réussir à faire cohabiter ce jolie petit monde au sein d’un groupe humain.

Le groupe a décidé de travailler son rapport au pouvoir et d’intégrer des outils de vie collective en se formant à la gouvernance organique prônée par Aleksander Piecuch.

Depuis, le montage du projet a plongé Aurélie, Clémence, Julien et Yoann dans l’action. Mais il restent très attentifs à ces questions et profiteront de l’accompagnement de la Coopérative Oasis pour les remettre à l’ordre du jour dès que l’agenda le permettra !

©Maison du Haut | Fête d’inauguration

Le financement de la Coopérative Oasis

En 2021, la Maison du Haut s’est vu accorder un apport financier de 160 000 € sur 10 ans par la Coopérative Oasis. Grâce à cet apport, ils ont pu financer l’achat du lieu et les travaux d’installation, en complément d’un emprunt bancaire. Lors des premières années, ils seront notamment accompagnés par la coopérative sur la gestion juridique du projet et la mise en place d’une gouvernance collective.

Pour continuer ce travail de prêt et d’accompagnement d’oasis partout en France dans le besoin, nous cherchons plus d’investisseurs !


Pour aller plus loin

maisonduhaut.com

facebook.com/maisonduhaut

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Daphné Vialan

Daphné Vialan

Daphné Vialan est passionnée par la vie en collectif et le vivre-ensemble. Elle a habité plusieurs années à l’Arche de Saint-Antoine, et habite maintenant au sein d’un collectif en formation au Nord d’Agen.

Elle accompagne des collectifs à prendre soin de leurs relations au sein de la Coopérative Oasis.

Son expérience personnelle, alliée à ses multiples formations (CNV, gouvernance partagée, dynamique de groupe, transformation constructive des conflits, Processwork et Clean Coaching) font de son travail une combinaison unique qui réunit le cœur et la tête.

Ludovic Simon

Ludovic Simon

Ludovic habite à Saillans, dans la belle vallée de la Drôme, au sein d’un écohameau où il a autoconstruit sa propre maison en ossature bois.

Passionné par les dynamiques de coopération et de gouvernance partagée, il est investi dans différents projets collectifs dont l’école Montessori « Que la Joie Demeure » qu’il a présidé pendant 6 ans.

Entrepreneur dans sa vie d’avant, il a cofondé plusieurs initiatives coopératives et associatives, dont une entreprise en gouvernance partagée dans le domaine de l’emploi (8 salariés) et un tiers-lieu de 3000 m² à Nantes (La Cantine).

Il a accompagné plus de 100 écolieux en projets ou existants depuis 2021.

Ramïn Farhangi

CooperativeOasis_Ramin_Village de Pourgues

Après une première expérience comme consultant en stratégie auprès de directions générales, Ramïn s’est tourné vers l’éducation pour agir sur les enjeux sociétaux à la racine.

Il a d’abord enseigné au collège et au lycée, avant de fonder une école Dynamique à Paris en 2015 puis l’écovillage de Pourgues en Ariège en 2017. Cette expérience l’a conduit à transmettre et accompagner d’autres collectifs.

Depuis 2018, il a formé plus de 250 personnes et accompagné plusieurs projets sur les questions de raison d’être, gouvernance, organisation et transformation des conflits.

Coralie Darsy

Portrait Coralie Darsy

Après quelques années d’ingénierie dans l’eau et l’environnement, Coralie a été éducatrice Montessori.

En 2021, elle devient bénévole à la Coopérative Oasis pour lancer la Pépinière Oasis, puis rejoint pleinement l’équipe en 2022 pour coordonner les formations.

 

Mathieu Labonne

Mathieu a été chercheur sur les changements climatiques puis consultant en gouvernance carbone avant de diriger l’association Colibris de 2014 à 2020, où il a initié et coordonné le projet Oasis. Il a alors co-fondé la Coopérative Oasis dont il est président directeur général.

Mathieu est également impliqué dans plusieurs lieux : coordinateur du Centre Amma/la Ferme du Plessis, fondateur et représentant légal de l’écohameau du Plessis et fondateur et ancien président de la coopérative CitéCoop qui gère plusieurs tiers-lieux à Paris.

Au fil des années, il a contribué à l’émergence de plus d’une centaine d’oasis et développé une connaissance approfondie des différents modèles, juridiques comme humains.

Mathieu est un accompagnateur hors pair pour aider à la structuration et au développement de projets collectifs.