« La ferme du Suchel, lieu de vie nourricier, engagé dans son territoire et pour le vivant » : cette raison d’être portant actuellement l’écolieu de la Ferme du Suchel synthétise déjà bien l’esprit du lieu et des membres du projet. Ainsi, dans un vallon du Beaujolais Vert, sur la commune de Valsonne (entre Lyon et Roanne), une ancienne ferme de 27 hectares reprend vie depuis 2013 autour d’un projet d’oasis global mêlant habitat participatif, agriculture paysanne, préservation de la biodiversité et ouverture vers l’extérieur.
Un lieu de résilience locale
Le collectif d’une vingtaine de personnes a ainsi entrepris d’en faire un lieu de résilience locale, garantissant un toit, à manger et de l’énergie à celles et ceux qui y participent, quelle que soit l’évolution de notre société, en montrant que ce mode de microsociété autogérée est possible.
Aujourd’hui, 10 adultes participent au projet (ainsi que 8 enfants qui habitent ou vont habiter sur le lieu). Sur les 10 adultes, citons 4 couples habitant sur le lieu : Adélie et Luc-John, Agnès et Baptiste, Manon et Guillaume, ainsi que Julie et Alexandre. Les deux autres participants au projet, William et Rémi, sont des associés extérieurs au projet d’habitat.
Le ferme du Suchel est constituée de différents cercles dont les personnes et les zones de vie s’entrecroisent : la SCI regroupe les 8 cohabitant·es et deux associés (un extérieur au projet d’habitat et vivant ponctuellement sur le lieu en camion aménagé). Elle s’occupe du lieu de vie et du patrimoine immobilier.
La gouvernance s’organise sur le principe de la sociocratie et s’appuie sur différents temps collectifs pour fonctionner. Parmi les plus structurantes, des réunions hebdomadaires permettent d’avoir des temps de réunions et d’organisations (cercles cohabitant·es ou agricole), tandis que des temps d’approfondissement (de travail et de célébration) ont lieu à différents moment de l’année.
Le volet agricole – paysan, regroupant 5 des cohabitant·es, développe du maraîchage, des petits fruits et plantes aromatiques, ainsi que de l’arboriculture. Le collectif a aussi une vocation militante, autrefois regroupée dans une association, et participe activement à la vie du territoire.
Le soutien de la Coopérative Oasis
Le financement du projet d’habitat et agricole fonctionne dans une logique initiale d’entraide et de pot commun : chaque personne met les sommes qu’elle peut dans le projet, et des rééquilibrages ont lieu en fonction des apports futurs. Le soutien de la Coopérative des Oasis est arrivée dans ce contexte : un déséquilibre trop important était en train de se créer au niveau des apports de certaines personnes, et les capacités d’autofinancement touchaient leurs limitent. La cohérence d’un travail en partenariat avec la Coopérative Oasis, associant accompagnement et soutien financier, a orientée le choix de la demande de financement.
L’apport de la Coopérative Oasis permet de financer la fin du chantier de création des 2 derniers logements (sur les 4 du projet), tandis que les derniers apports personnels des membres du projet sont libérés pour financer le lancement de la partie agricole professionnelle.