Le Château Partagé, soutenu par la Coopérative Oasis !

Entretien avec quelques habitants et habitantes du Château Partagé, l’un des premiers écolieux soutenus par la Coopérative Oasis.

Rires au Château Partagé

Le Château Partagé est un lieu de vie et d’activités situé sur la commune de Dullin, en Savoie. Installés dans une maison de maître datant du XVIIIe siècle, les 18 habitants expérimentent une vie collective alternative. Certains ont même décidé d’avoir leurs activités professionnelles sur le lieu – maraîchage biologique, boulangerie, ostéopathie, accompagnement…

En avril 2019, la Coopérative Oasis a fait un apport financier 80 000 € sur 7 ans au collectif afin de lui permettre de finaliser le remboursement d’anciens associés, pour que chacun devienne locataire du Château. La coopérative accompagnera en outre le château autour des questions de structure juridique et de gouvernance, de gestion des conflits…


Coopérative Oasis : D’où venez vous ?

Thomas, Mathieu, Annick : Du nord de la France, de Saigon, de la Loire, de la Loire-Atlantique, de Haute-Savoie et même de Vesoul… bref, un vrai melting pot !

Gautier, 9 ans : De Dullin.

Florence : De la banlieue parisienne, mâtinée de Corrèze, de Bretagne et d’Hongrie, transvasée à Lyon, puis Chambéry, puis…

Un moment précis, une phrase, une vision ont-ils opéré comme un déclic, et vous ont poussé à véritablement vous lancer dans l’aventure ?

Thomas et Annick : Notre expérience professionnelle en Centrafrique. Nous en sommes revenus avec l’envie de vivre autant de richesse sociale que là-bas mais chez nous.

Claire : J’ai fait un stage au Château Partagé et j’ai ensuite gardé un œil sur le projet, pendant deux ans. Le projet m’attirait. Je ne me sentais pas de monter un collectif depuis le début, et pour autant, prendre une maison individuelle ne faisait pas sens. Se greffer à un collectif existant était juste ce qu’il nous fallait !

Florence : Le paysage, qui parle profondément à mon âme de hobbit ! en France.

Pourquoi vivre en collectif ?

Thomas : Pour la richesse des échanges et l’apprentissage de la compréhension de l’autre.

Vincent : Parce qu’au-delà des dynamiques collectives qui me portent, je trouve que mutualiser est pertinent . Ici, la solidarité est forte.

Gautier, 9 ans : J’ai pas décidé de vivre en collectif mais j’aime ça.

Baptou : Les gens c’est chiant, mais c’est aussi très très chouette ! J’aime partager, rendre et recevoir des services, échanger quelques mots, un sourire, savoir qu’on est entouré.

Claire : Je trouve que ça nous tire vers le haut. Pour ma part, ça m’incite (la plupart de temps !!) à sortir le meilleur de moi-même, à choisir d’être plutôt agréable que morose. Et puis, l’énergie des autres peut être inspirante. Quand elle est dérangeante, ça peut aussi être l’occasion de réfléchir sur soi-même et de se connaître mieux.

Florence : J’ai toujours vécu avec d’autres personnes, et jusque là je n’ai pas encore eu envie d’arrêter !

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Annick : Le noyau de départ était constitué de personnes bénévoles dans des associations chambériennes ou nationales (Les Amis de la Terre, Vélobricolade), de collègues de travail et également un lien familial.

Vincent : J’avais travaillé sur la création d’un habitat partagé avec d’autres personnes dès 2015, mais il a été abandonné. Le château partagé était alors un lieu emblématique et quand j’ai su qu’ils cherchaient un nouveau voisin, je les ai contactés.

Le collectif du Château Partagé saute

Un premier souvenir vécu au Château, qui vous fait vous dire que vous êtes au bon endroit ?

Thomas : La réalisation de mon four à bois. Cette construction était à la fois un défi personnel, une reconversion professionnelle, un dépassement de soi… Le lieu et le collectif ont été un tremplin essentiel pour me permettre d’aller au bout.

Gautier : J’en ai tellement…

Claire : Des sourires impromptus échangés entres voisins et les rires des enfants jouant ensemble dehors.

Annick : Au début, lorsqu’on a acheté la bâtisse, je me souviens d’une personne qui avait dit : les utopies d’aujourd’hui sont les réalités de demain. Dix ans plus tard (déjà !), quand je regarde le chemin accompli, je me dis que nous sommes devenus réalité.

Florence : Le mois après la naissance d’Alix, que j’ai à la fois vécu intimement et tranquillement, tout en me sentant entourée de plein de précieuses attentions.

Ce que vous faites en ce moment et dont vous êtes fiers ?

Annick : Je vis en cohérence avec mes valeurs.

Annick : Je suis fier (et un peu las) d’être premier adjoint de la commune sur laquelle je vis, Dullin, et que j’apprécie.

Florence : Je participe à offrir un environnement respectueux et épanouissant pour les enfants qui vivent au sein du Château Partagé.

Le Château Partagé

Un problème rencontré, déjà réglé ou non ?

Baptou : Les conflits entre personnalités, des façons de faire qui ne sont pas les mêmes. Ça n’est pas toujours facile à régler…

Thomas : Il y a eu des départs, pour plein de raisons différentes : à cause de la charte, des séparations de couples… On peut désormais considérer qu’ils sont derrière nous.

Claire : Les inégalités d’affinité entres habitants.

Quelle nature est autour de vous ?

Thomas : Le lac d’Aiguebelette, les montagnes de Chartreuse et directement autour les champs… mais aussi un peu l’autoroute !

Le Château Partagé dans son paysage

Une réussite en terme d’organisation, de fonctionnement de votre collectif ?

Claire : J’aime bien nos réunions hebdomadaires, fondées sur les principes de la gestion par consentement, sur lit de Communication Non Violente. Je trouve que ça roule bien.

Annick : J’aime beaucoup les élections sans candidats. Cela nourrit bien la dynamique du groupe ensuite.

Florence : J’ajoute un travail d’équilibriste permanent entre formel et informel, une reconnaissance de la nécessité des deux, et que cet équilibre soit toujours vivant.

Qu’est-ce qui vous relie ?

Claire : Le fait de vivre ensemble. On se rend souvent compte, par comparaison parfois, de la chance que l’on a à vivre avec des gens qui tendent à la bienveillance, à l’entre-aide, à la communication… Nous prenons soin les uns des autres.

Qu’est-ce qui fait votre diversité ?

Thomas : Nos origines différentes, nos compétences différentes, nos motivations diverses.

Jeux au Château Partagé

Comment caractériseriez-vous le processus engagé auprès de la Coopérative Oasis, comment l’avez-vous vécu ?

Vincent : C’est un processus soutenant, bienveillant et responsabilisant.

Baptou : Je me sens très distant de ce processus, je fais confiance aux habitants qui s’en chargent.

Claire : Les échanges pour la mise en place de l’apport financier sont constructifs et bienveillants mais le processus est long. Maintenant que nous avons l’argent, j’attends la mise en place concrète des échanges, soutiens, conseils, et espère que l’on arrivera à ce que ça soit juste de part et d’autres. C’est une petite inquiétude que j’ai.

À quoi va servir l’argent apporté par la coopérative ? Et quel sera l’accompagnement prodigué par la coopérative ?

Thomas : Cela nous a servi à rembourser un associé parti. Nous avons fait appel à la Coopérative Oasis pour le soutien et l’aide qu’elle apporte (analyse comptable, accompagnement humain…). Et puis nous avions déjà fait appel à une banque, il était difficile de renouveler la demande.

Annick : Faire appel à la Coopérative Oasis c’est tout de même le sentiment précieux de se sentir soutenu et accueilli autant sur le plan humain que juridique, fiscale et comptable. Ce qui est rare à ces derniers niveaux.

Et demain ?

Thomas : Un dispositif local d’accompagnement (DLA) est en cours, notre activité d’accueil de groupe est à consolider, et il reste un toit à refaire, d’autres associés à rembourser, des formations sur le consentement à réaliser collectivement et encore plein de bons moments à passer à nous tous, les 18, ensemble… des anniversaires, des décès, des voyages, des rires, des jeux, des films… un bon bout de vie encore pour demain !

Soutenez les oasis en plaçant votre épargne dans la Coopérative !


Pour aller plus loin

À lire : Château Partagé

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Daphné Vialan

Daphné Vialan

Daphné Vialan est passionnée par la vie en collectif et le vivre-ensemble. Elle a habité plusieurs années à l’Arche de Saint-Antoine, et habite maintenant au sein d’un collectif en formation au Nord d’Agen.

Elle accompagne des collectifs à prendre soin de leurs relations au sein de la Coopérative Oasis.

Son expérience personnelle, alliée à ses multiples formations (CNV, gouvernance partagée, dynamique de groupe, transformation constructive des conflits, Processwork et Clean Coaching) font de son travail une combinaison unique qui réunit le cœur et la tête.

Ludovic Simon

Ludovic Simon

Ludovic habite à Saillans, dans la belle vallée de la Drôme, au sein d’un écohameau où il a autoconstruit sa propre maison en ossature bois.

Passionné par les dynamiques de coopération et de gouvernance partagée, il est investi dans différents projets collectifs dont l’école Montessori « Que la Joie Demeure » qu’il a présidé pendant 6 ans.

Entrepreneur dans sa vie d’avant, il a cofondé plusieurs initiatives coopératives et associatives, dont une entreprise en gouvernance partagée dans le domaine de l’emploi (8 salariés) et un tiers-lieu de 3000 m² à Nantes (La Cantine).

Il a accompagné plus de 100 écolieux en projets ou existants depuis 2021.

Ramïn Farhangi

CooperativeOasis_Ramin_Village de Pourgues

Après une première expérience comme consultant en stratégie auprès de directions générales, Ramïn s’est tourné vers l’éducation pour agir sur les enjeux sociétaux à la racine.

Il a d’abord enseigné au collège et au lycée, avant de fonder une école Dynamique à Paris en 2015 puis l’écovillage de Pourgues en Ariège en 2017. Cette expérience l’a conduit à transmettre et accompagner d’autres collectifs.

Depuis 2018, il a formé plus de 250 personnes et accompagné plusieurs projets sur les questions de raison d’être, gouvernance, organisation et transformation des conflits.

Coralie Darsy

Portrait Coralie Darsy

Après quelques années d’ingénierie dans l’eau et l’environnement, Coralie a été éducatrice Montessori.

En 2021, elle devient bénévole à la Coopérative Oasis pour lancer la Pépinière Oasis, puis rejoint pleinement l’équipe en 2022 pour coordonner les formations.

 

Mathieu Labonne

Mathieu a été chercheur sur les changements climatiques puis consultant en gouvernance carbone avant de diriger l’association Colibris de 2014 à 2020, où il a initié et coordonné le projet Oasis. Il a alors co-fondé la Coopérative Oasis dont il est président directeur général.

Mathieu est également impliqué dans plusieurs lieux : coordinateur du Centre Amma/la Ferme du Plessis, fondateur et représentant légal de l’écohameau du Plessis et fondateur et ancien président de la coopérative CitéCoop qui gère plusieurs tiers-lieux à Paris.

Au fil des années, il a contribué à l’émergence de plus d’une centaine d’oasis et développé une connaissance approfondie des différents modèles, juridiques comme humains.

Mathieu est un accompagnateur hors pair pour aider à la structuration et au développement de projets collectifs.