R d’Évolution, un écosystème de lieux et de personnes au service d’une écologie solidaire

Depuis sa création en 2004 à Lyon, l’association Rd’Évolution s’appuie sur le collectif pour préserver les écosystèmes et soutenir les personnes dans le besoin. Aujourd’hui située dans les Cévennes, l’association pratique la sensibilisation, la transmission de savoir-faire, l’accueil dans un lieu de vie collectif, le réemploi grâce à une ressourcerie, la Ressourcerie du Pont, et bientôt l’achat d’une “terre de convergence” avec l’association “Le Village du Possible”…

L’objectif ? mêler création d’emploi, sensibilisation à l’environnement et mise réseau à l’échelle du territoire.

Tri à la Ressourcerie du Pont

Au Vigan, la Ressourcerie du Pont allie activité économique et réduction des déchets

Dès 2004, l’association Rd’Évolution entreprend de nombreuses actions de sensibilisation à l’environnement. Grande marche de trois mois des Pyrénées à Paris en 2006, festival “Le souffle du Rêve” réunissant 15 000 personnes en 2013… En 2014, le collectif d’artistes activistes cofondé par Violette, Élise, Uto et Antoine investit une usine de 3 500 m² située sur la commune du Vigan, dans le Gard. Ils y ouvrent rapidement une ressourcerie : un lieu de collecte d’objet, de réparation, revalorisation, revente et sensibilisation à la réduction des déchets. « Quand on est arrivés, les habitants ont tout de suite pris l’habitude de nous apporter leurs objets. Et quand ils ont vu que ça générait des emplois, d’autres formes de soutien sont apparus, le bénévolat par exemple… » explique Uto. Aujourd’hui, la ressourcerie donne une seconde vie à 90% de la centaine de tonne d’objets qu’elle collecte tous les ans, dont 55% de réemploi direct. Le reste est réutilisé par des artisans, envoyé au recyclage ou à la déchetterie (6%).

La Ressourcerie du Pont

Membre actif du “Réseau National des Ressourceries”, le lieu est animé par une équipe d’une vingtaine de bénévoles et de six salariés en CDI ou contrat aidé. « Bertrand, le deuxième salarié, a d’abord été bénévole pendant quelques mois. Âgé de 56 ans et habitant du coin, il a été formé dans sa jeunesse par un compagnon en ébénisterie, marqueterie et menuiserie. Aujourd’hui, c’est un valoriste hors pair qui transmet son savoir-faire » raconte Elise. La ressourcerie met en effet également des ateliers et outils à disposition d’artistes et d’artisans pour de la couture, menuiserie, soudure, vannerie, vidéo, musique, peinture… Ceux-ci peuvent aussi travailler à partir d’objets et de matières issues du réemploi.

Grâce à son activité, à des subventions, à des emprunts auprès de particuliers (apports avec droit de reprise) et à des dons, l’équipe a réussi à réunir en 2018 les 300 000 € nécessaires à l’achat de la ressourcerie dont elle est maintenant propriétaire.

Carte mentale de la Ressourcerie du Pont

Dans les hauteurs du Vigan, Artimbal est un lieu de vie collectif, écologique et artistique qui accueille une partie de l’équipe de la Ressourcerie du Pont

Un partie du groupe qui assure l’activité de la ressourcerie habite à Artimbal, un écolieu dans les hauteurs du Vigan. Les espaces et outils communs permettent à la douzaine d’habitants de vivre dans la sobriété et la nature ; un bois entoure les deux anciennes bâtisses où cohabitent les habitants. Tout le monde participe au loyer et aux charges, entre 80 € et 150 € par mois et une cagnotte collective permet l’achat de nourriture. Le potager fournit au collectif une partie de ses légumes ; compost, toilettes sèches et produits ménagers faits maisons sont le quotidien de la vie d’Artimbal.

Les bâtiments de la Ressourcerie du Pont

La gouvernance prend soin de tous les membres du collectif. Toutes les décisions y sont prises au consensus, et, si nécessaire, au consentement dans un deuxième temps. « Cependant, nous préférons la communication vivante à la “communication non-violente”. Comme le ciel, nous laissons éclater les orages et les ouragans, c’est naturel, les tensions se déchargent et le soleil finit toujours par revenir… » précise Uto.

Ressourcerie musicale

« On accueille tout ceux qui veulent découvrir, mais on demande une participation aux chantiers collectifs et/ou financière. » explique Antoine. « On est très attachés à la dimension solidaire du projet. On facilite aussi régulièrement l’arrivée de personne souhaitant changer de vie et s’installer sur le territoire. » L’écolieu permet aussi à Antoine, Élise, Uto et leurs compagnons d’ajouter la dimension artistique qui leur est chère en accueillant des résidences d’artistes et en cultivant une identité de troubadours. « On fait beaucoup de chanson française et de musique tribale. La vibration est un levier extraordinaire. On a toujours utilisé l’art pour bâtir des ponts entre nous et les gens. » raconte Uto.

Vers une “Terre de Convergence”

La Ressourcerie du Pont constitue en réalité l’acte numéro un d’un projet de transition active en trois actes. Le deuxième de ces actes consiste à acheter une “terre de convergence”, un lieu permettant la formation et la sensibilisation au travers d’éco-événements.

Mandala à la Ressourcerie du Pont

« En août 2019, nous avons organisé le festival “Terre de Convergence” qui a permis de mettre en lumière la pertinence d’une terre pérenne. Elle serait le lieu de libération et de construction de l’expertise citoyenne pour impacter les politiques locales et accélérer la transition territoriale. » raconte Élise. Le collectif continue donc son chemin avec la recherche d’une centaine d’hectares entre Nîmes, Montpellier et le sud des Cévennes. Une fois le lieu sanctuarisé, il restera une dernière étape : les “Gardiens de la Terre”, un soutien à l’accès à la terre pour des projets locaux de transition soutenant une tribu du monde ou une espèce en voie de disparition.

 


Pour aller plus loin

À lire : Ressourcerie du Pont

Article paru dans KAIZEN n° 47, novembre/décembre 2019

www.rdevolution.org

terre-de-convergence.org

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Daphné Vialan

Daphné Vialan

Daphné Vialan est passionnée par la vie en collectif et le vivre-ensemble. Elle a habité plusieurs années à l’Arche de Saint-Antoine, et habite maintenant au sein d’un collectif en formation au Nord d’Agen.

Elle accompagne des collectifs à prendre soin de leurs relations au sein de la Coopérative Oasis.

Son expérience personnelle, alliée à ses multiples formations (CNV, gouvernance partagée, dynamique de groupe, transformation constructive des conflits, Processwork et Clean Coaching) font de son travail une combinaison unique qui réunit le cœur et la tête.

Ludovic Simon

Ludovic Simon

Ludovic habite à Saillans, dans la belle vallée de la Drôme, au sein d’un écohameau où il a autoconstruit sa propre maison en ossature bois.

Passionné par les dynamiques de coopération et de gouvernance partagée, il est investi dans différents projets collectifs dont l’école Montessori « Que la Joie Demeure » qu’il a présidé pendant 6 ans.

Entrepreneur dans sa vie d’avant, il a cofondé plusieurs initiatives coopératives et associatives, dont une entreprise en gouvernance partagée dans le domaine de l’emploi (8 salariés) et un tiers-lieu de 3000 m² à Nantes (La Cantine).

Il a accompagné plus de 100 écolieux en projets ou existants depuis 2021.

Ramïn Farhangi

CooperativeOasis_Ramin_Village de Pourgues

Après une première expérience comme consultant en stratégie auprès de directions générales, Ramïn s’est tourné vers l’éducation pour agir sur les enjeux sociétaux à la racine.

Il a d’abord enseigné au collège et au lycée, avant de fonder une école Dynamique à Paris en 2015 puis l’écovillage de Pourgues en Ariège en 2017. Cette expérience l’a conduit à transmettre et accompagner d’autres collectifs.

Depuis 2018, il a formé plus de 250 personnes et accompagné plusieurs projets sur les questions de raison d’être, gouvernance, organisation et transformation des conflits.

Coralie Darsy

Portrait Coralie Darsy

Après quelques années d’ingénierie dans l’eau et l’environnement, Coralie a été éducatrice Montessori.

En 2021, elle devient bénévole à la Coopérative Oasis pour lancer la Pépinière Oasis, puis rejoint pleinement l’équipe en 2022 pour coordonner les formations.

 

Mathieu Labonne

Mathieu a été chercheur sur les changements climatiques puis consultant en gouvernance carbone avant de diriger l’association Colibris de 2014 à 2020, où il a initié et coordonné le projet Oasis. Il a alors co-fondé la Coopérative Oasis dont il est président directeur général.

Mathieu est également impliqué dans plusieurs lieux : coordinateur du Centre Amma/la Ferme du Plessis, fondateur et représentant légal de l’écohameau du Plessis et fondateur et ancien président de la coopérative CitéCoop qui gère plusieurs tiers-lieux à Paris.

Au fil des années, il a contribué à l’émergence de plus d’une centaine d’oasis et développé une connaissance approfondie des différents modèles, juridiques comme humains.

Mathieu est un accompagnateur hors pair pour aider à la structuration et au développement de projets collectifs.