Le Youth Exchange intitulé « Digital Detox and Nature Connection for sustainable living III » fait partie du projet international « Yes to sustainability » et a été organisé et animé par Stefanie Görisch et Corinna Fech.
Pour la troisième fois, 30 jeunes de France, Slovénie, Italie et Allemagne se sont retrouvés du 18 au 29 septembre 2022 à l’écovillage Sonnenwaldgemeinschaft en Allemagne/ Schernbach. L’objectif du projet est de permettre aux jeunes européens de découvrir des modes de vie alternatifs et durables et d’établir des contacts avec des personnes partageant les mêmes idées. Par conséquent, ces échanges de jeunes sont organisés dans différents écovillages en Europe. Ils sont financés par le programme Erasmus Plus de l’Union européenne. Cet échange s’est concentré sur la durabilité sociale, les compétences « vertes », le lien avec la nature et l’utilisation consciente des médias numériques.
Le texte qui suit est le témoignage de Katarina Meža, une participante slovène. Les photos sont Naomi Zappaterra, une participante italienne.
Je pourrais parler de mon échange digital detox en Allemagne tous les jours mais cela ne pourra pas relater toute la subtilité de ce que j’ai pu expérimenter. Tout a été si exceptionnel et, bien sûr, avant de participer, je n’avais pas en tête tout ce pourquoi je signais en m’engageant.
La seule chose que je savais à ce moment était que j’allais allé dans la Forêt Noire. Quand j’en ai appris plus sur ce projet, j’ai réalisé que cela tournerait autour de la mise à distance des écrans et de l’apprentissage de la vie en communauté, avec des ateliers de développement personnel et de connexion à la nature. J’ai senti que ce programme était fait pour moi.
Durant la première réunion en visio, j’ai rencontré les autres filles de Slovénie qui avaient une énergie vraiment spéciale. Puis nous sommes parties ensemble pour l’Allemagne, durant une matinée pluvieuse. Nous avons adoré le voyage et j’ai immédiatement senti que quelque chose d’extraordinaire m’attendait.
Un petit village, sans magasin ni café, entouré de champs, de pâturages et de forêt où la paix régnait. Jana avait déjà le sentiment d’être comme à la maison.
D’abord, je voulais voir comment était la forêt. Špela (une autre fan de champignons) et moi sommes parties à leur recherche et en avons récolté tellement dans les 3 premières minutes que nous ne pouvions pas tous les ramener.
Les sapins créaient tant d’ombre que seulement quelques rayons de soleil filtraient jusqu’au sol, ainsi, les seuls autres végétaux existant étaient d’épaisses couches de mousse dans toutes les nuances de vert. Ce n’est pas par hasard qu’on l’appelle la forêt noire.
Lors de notre retour, les autres participant·es d’Allemagne, Italie et France faisaient doucement leur apparition. Nous avons pris quelques instant pour se rencontrer. Nous étions un peu timides les un·es avec les autres au départ, échangeant quelques câlins pour certain·es, se tendant juste la main pour d’autres.
En fait, nous étions tous·tes dans le même bateau, le matin nous déconnections de notre monde fou, nous posions nos téléphones dans le coffre et avions seulement la présence les un·es des autres. Pas de télévision, pas de radio, pas de téléphone, pas de souci.
Les journées furent remplies d’activités. Chaque matin, nous pouvions assister à la méditation et au qi-gong. J’attendais ce moment chaque jour, car c’était la manière de m’ancrer et de commencer la journée remplie d’énergie.
Nous préparions le petit déjeuner nous même et chaque équipe faisaient de leur mieux. Nous passions aussi un moment de la matinée à former un cercle de partage de nos ressentis.
Puis nous aidions la communauté dans leurs différentes tâches. Nous avons récoltés des pommes de terre, aidé au déplacement et à la traite du bétail, discuté avec les vaches, cousu… Après cela, nous avions une pause pour le repas de midi qui était essentiellement composé de produits de notre travail. Le chou ramassé le matin était déjà dans les lasagnes que nous mangions à midi. La nourriture était végane et végétarienne, pleine d’intéressantes combinaisons et de saveurs.
Après le repas, nous avions un tas de différents ateliers comme pour identifier les plantes comestibles, la cueillette des champignons, un atelier sur les émotions et comment les exprimer, une marche de santé dans la forêt, etc. Le soir de l’équinoxe, nous nous sommes assis·es autour du feu, nous lui avons offert ce pourquoi nous avions de la gratitude et en même temps nous nous sommes débarrassé·es de tout ce qui ne nous servait plus.
Nous avons aussi préparé des soirées thématiques avec les caractéristiques de nos pays. Cette soirée avait quelques chose de spécial pour moi, parce que les filles et moi avons vraiment apprécié le processus. Nous avons préparé le ragoût traditionnel « jota » et « štrudel » avec la typique « Prekmurska gibanica ». Nous avons décoré la table avec un bouquet de fleurs, des bougies et éteint les lumières. Nous portions de longues robes avec des couronnes de fleurs, des bougies dans nos mains et nous avons chanté une chanson Slovène « Pastirče mlado » en entrant dans la salle à manger. C’était un moment très fort, car nous avons fait tout notre possible pour faire exister avec sincérité la convivialité qui existe en Slovénie.
C’est intéressant la manière dont cette « bulle » avec des personnes au grand cœur, la nature, la paix… te donne l’opportunité d’apprendre quelques chose de nouveau sur toi-même. J’ai découvert certains traits, certaines couleurs de ma personnalité que je ne connaissais pas avant… J’ai découvert et même plus fortement la connexion avec la forêt et les plantes et le pouvoir du silence au petit matin… J’ai appris autour des limites, de l’acceptation des différences, à entièrement me laisser aller et m’autoriser à être qui je suis avec toute ma force et mes émotions.
J’ai été chanceuse de la manière dont je me suis sentie dans le jardin et puis dans la forêt. Je me sentais à la maison. Chaque jour j’ai cueilli des herbes, j’ai appris ce que je pouvais ramasser, j’ai examiné les principes actifs de différents ingrédients et une variété d’herbes et de fleurs, posé des millions de questions, ramassé des champignons et été entourée de personnes en qui je pouvais avoir confiance.
J’aimerais dire que mon téléphone ne m’a pas manqué, mais comme tout le monde, quelque chose m’a manqué et c’était la musique. Nous écoutions des vinyles et c’est allé si loin, nous chantions et fredonnions tous·tes des morceaux que nous connaissions et il est aussi arrivé, un jour : « je sais que c’est ton tour de faire la vaisselle mais puis-je le faire à ta place et pendant ce temps tu joue et tu chante ? »
Là où je vais, mon cœur et ma tête joue… Et quand la musique m’est enlevé, c’est comme si quelqu’un m’enlève une énorme partie de moi. J’étais habituée à m’inquiéter tellement. J’essayais de me mettre dans un état d’esprit pour me libérer et me considérer comme assez bonne chanteuse… Mais aujourd’hui je vois que quand je chante avec mon âme je peux donner, recevoir, sentir.
Et puis il y a eu de si belles soirées. Quand nous étions assis·es en cercle, chacun·e avec son propre instrument, créant de la magie avec nos voix. Quand j’ai choisi de fermer mes yeux et de laisser aller ma voix et mon corps, quelque chose en moi s’est libéré. Et puis quand j’ai regardé autour de moi, chaque regard me permettait de voir des personnes capables de tout laisser aller. Et j’ai réalisé que nous sommes incroyablement enfermés dans certains idéaux de ce qui devrait être beau, bon, et par dessus-tout, que nous ne savons pas comment lâcher prise.
C’est pourquoi je veux juste donner au monde plus de nature, de musique et de fleurs. Et à moi-même, de la paix, de la simplicité et de m’accepter comme je suis. Et quand le coffre avec les téléphones, les ordinateurs et toutes les appareils numériques a été ouvert le dernier jour… Tu ne le croiras pas, mais chacun·e voulait être le dernier à rejoindre notre monde en crise. Les réseaux sociaux affaiblissent notre connexion avec nous-même, mais si nous savons comment les utiliser pour de l’inspiration et de la connexion, nous pouvons trouver du bon en eux.
Commentaires des autres participant·es :
Je me suis souvenu où j’étais (Irene)
Chaque chose a lieu pour se laisser une chance de grandir (Liliana)
C’est bon de connecter avec des gens à l’international et voir que les humains ont tous les mêmes besoins, problèmes et joie (Niklas)
