3 bonnes raisons d’élever ses enfants en oasis

J’ai mis au monde mes deux enfants dans un lieu de vie collectif. Et je remercie chaque jour pour cette chance ! Vivre en famille en collectif m’a aidée à me reconnecter profondément à notre destin commun en tant qu’humains, en plus d’avoir été un soutien pratique et affectif incomparable.

Cependant, cette aventure du parentage en collectif a bien sûr aussi ses défis (par exemple, c’est beaucoup plus embarrassant de perdre son sang froid avec ses enfants lors d’un repas pris en collectif qu’à la petite table familiale…).

Aujourd’hui, des personnes se tournent vers la vie en oasis avec l’arrivée de leurs enfants, en souhaitant leur offrir un meilleur cadre de vie. Certaines oasis, comme le Village de Pourgues ou Terr’Azïl, mettent l’éducation des enfants au cœur de leur projet.

« Cette question de la place des enfants dans un collectif nous semble être un aspect fondamental, qui est à la fois un moteur vers une vie plus collective, et un point délicat à vivre ensemble (comment je réagis quand un autre adulte interagit avec mon enfant… pour lui rappeler une règle ou le réprimander ?). « 

Aujourd’hui nous allons explorer trois bonnes raisons de vivre en oasis avec ses enfants.

Source : unpash.com

1/ Pour des questions pratiques

Vivre en collectif, c’est d’abord souvent offrir aux enfants plus d’espace, et en particulier d’espace extérieur. La confiance qu’on peut avoir pour qu’il ou elle explore avec une relative autonomie cet espace, qui est un chez lui élargi, lui donne dès très jeune une appréhension de l’immensité du monde, et une assurance pour explorer.

Cet espace développe aussi la créativité et l’imagination, c’est un immense terrain de jeux pour les enfants.

Vivre en collectif, c’est aussi partager des équipements (se repasser les jeux, les livres, les vêtements enfants, et les équipements qui ne servent qu’un petit temps), et ça aussi, c’est bien pratique !

Et puis, il y a tous les aspects liés au voisinage proche (physiquement et dans les valeurs et l’affection) : possibilité de baby-sitting impromptu, conseils informels, petit coup de main en passant pour mettre le bonnet du bébé qui est en portage sur le dos…

Parfois, dans la vie en collectif, on partage aussi une cuisine commune, et là, pour les parents, c’est un soulagement que d’avoir le repas fait collectivement et de ne pas avoir à faire chaque jour chaque repas pour la famille, mais de le faire seulement par exemple un jour par semaine pour 30 ou 40 personnes.

Enfin, pour les collectifs qui mettent leurs revenus en commun, l’arrivée d’enfants est vécue comme un événement de la vie, et n’entraîne pas une baisse de revenus, mais au contraire une augmentation, même en travaillant moins (enfin, s’occuper d’un nouveau né, c’est un sacré travail, on est d’accord, mais pas productif au sens traditionnel !).

Source : unpash.com

2/ Pour la socialisation et l’autonomie

Mes filles ont su avant 3 ans les prénoms de plus de 30 personnes. Elles ont eu rapidement l’habitude d’aller demander de l’aide à d’autres adultes quand leurs parents sont occupés, et de trouver les réponses à leurs questions ou leurs demandes ailleurs que dans le cocon familial. Elles ont une capacité à entrer en relation avec des adultes sur un pied d’équivalence qui m’impressionne.

La vie en collectif ouvre les enfants à côtoyer au quotidien d’autres adultes, elle leur ouvre l’esprit en termes de diversité de choix, de caractères, de postures, de manières de se comporter, et même de s’habiller. Ils apprennent à naviguer avec les différents caractères.

« Les enfants en collectif ont aussi la chance de pouvoir être facilement avec d’autres enfants. Même les enfants uniques ont des amis sous la main pour jouer et explorer. Même s’ils ne vont pas à la crèche ou l’école, la vie en collectif leur permet de développer leurs capacités de socialisation entre enfants. »

Source : unpash.com

3/ Pour éviter le craquage parental

Mes deux filles ont treize mois d’écart. Autant dire que j’ai passé deux ans enceinte, et trois ans avec des bébés dans les bras qui ne savent pas marcher.

« Si je n’avais pas vécu en communauté, je pense que je serais devenue folle. »

Ce qui m’a le plus aidée :

  • pouvoir continuer à avoir des interactions avec des adultes, ne serait-ce qu’aux repas,
  • pouvoir reprendre une place dans le collectif, où je me sens utile en dehors de mes enfants (participer à des réunions en amenant mes enfants, ou rendre des coups de mains ici ou là, en dehors de mon foyer familial)
  • pouvoir parler avec d’autres parents, leur écoute, leur soutien, leurs conseils m’ont sauvée !

Être parent, surtout quand on est un parent qui est sensible aux questions de parentalité positive, c’est un énorme boulot, physiquement dans la présence qu’il faut avoir avec ses enfants, mais aussi psychologiquement, dans le travail sur soi qui est nécessaire pour avoir la relation la plus ajustée avec ses enfants. Et ça demande un temps énorme, et pour se documenter, apprendre, réfléchir, et pour prendre du recul sur soi et évoluer, et dans le temps à passer en direct avec ses enfants. Bref, pour y arriver, il vaut mieux être entouré d’autres adultes qui sont dans la même dynamique, et qui se soutiennent.

C’est le fameux proverbe africain “il faut un village pour élever un enfant”. Parfois, je me dis aussi que cela sera une réponse aux enjeux démographiques auxquels notre société doit faire face : on se rendra compte que faire un enfant et l’élever, cela demande un tel investissement, on se mettra à 4 ou 5 adultes pour être les « parents » d’un seul enfant.

Finalement, c’est presque un retour aux sources avec un regard neuf, ou à des évidences qu’on a perdues : cela fait moins de 100 ans que la famille telle que nous la connaissons aujourd’hui existe. Nous avons gagné dans l’affirmation des individus dans la famille, et aujourd’hui nous revenons à l’importance d’être ensemble, tout en gardant nos individualités.

Lire aussi : Pourquoi c’est un sacré défi de vivre en oasis avec ses enfants (et ceux des autres !)

Et vous, aimeriez-vous habiter avec vos enfants en oasis ? Qu’en pensez-vous ? Avez-vous des craintes à vivre en oasis avec votre enfant ? Partagez-les nous en commentaire !

Être accompagné par la Coopérative Oasis

Encore plus de conseils pour celles et ceux qui vivent ou souhaitent vivre oasis dans le livre Vivre ensemble en écolieu écrit par Daphné Vialan, accompagnatrice à la Coopérative Oasis sur le volet humain.

Commander le livre

3 réponses

  1. Bonjour,

    Je suis maman solo de jumeaux de 4ans et 1/2, seule depuis l’annonce de ma grossesse avec pour unique famille et soutien ma mère de 80ans qui m’a énormément aidé les 2 premières années jusqu’à trop s’épuiser physiquement!
    Je recherche activement à intégrer un ecolieux (ou oasis) avec mes petits gaillards dynamiques et dégourdis.
    J’ai un gros besoin d’interactions au sein d’un collectif (avec des enfants) besoin de muter intérieurement vers une vie plongée dans la nature ou je pourrais m’investir quotidiennement auprès des animaux, des récoltes, de la transformation alimentaire, des enfants et du groupe pour œuvrer ensemble vers des projets commun.
    Je suis désireuse d’intégrer un collectif existant avec des animaux de préférence, des enfants et valeurs communes de respect du vivant.
    Si vous pouvez me donner des pistes?
    Ce serait bienvenu.
    Mon seul souci c’est que j’aurai besoin de pouvoir être hébergée sur le lieu à l’occasion d’une visite car je suis motorisée mais sans couchage.
    Clémentine dans le Var à Fayence

    1. Bonjour Clémentine,
      Merci de ton message. D’abord, je t’envoie toute mon admiration et mon soutien pour ton chemin de femme, maman solo !
      Pour trouver un écolieu, je t’invite à aller sur la carte des oasis https://cooperative-oasis.org/decouvrir/les-oasis/, et de contacter les lieux près de chez toi pour essayer de petites excursions.
      Je te souhaite tout de bon sur ton chemin,
      Daphné

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sur le même thème

Recevez 5 extraits sur 5 thèmes du prochain livre de la Coopérative Oasis

– Le changement de vie
– L’enfance
– Le bien vieillir
– La gestion des conflits
– La démocratie

Contactez-nous

Daphné Vialan

Daphné Vialan

Daphné Vialan est passionnée par la vie en collectif et le vivre-ensemble. Elle a habité plusieurs années à l’Arche de Saint-Antoine, et habite maintenant au sein d’un collectif en formation au Nord d’Agen.

Elle accompagne des collectifs à prendre soin de leurs relations au sein de la Coopérative Oasis.

Son expérience personnelle, alliée à ses multiples formations (CNV, gouvernance partagée, dynamique de groupe, transformation constructive des conflits, Processwork et Clean Coaching) font de son travail une combinaison unique qui réunit le cœur et la tête.

Ludovic Simon

Ludovic Simon

Citoyen engagé dans la vallée de la Drôme, amoureux des expériences de coopération et de gouvernance partagée, entrepreneur dans sa vie d’avant et auto-constructeur de maison, Ludovic accompagne des projets d’oasis et d’habitat participatif sur les aspects juridiques, financiers et humains.

Après des études en management de l’innovation à Polytech, il a cofondé plusieurs projets coopératifs : une société en gouvernance partagée dans le domaine de l’emploi avec 10 salariés et 2 millions d’utilisateurs inscrits, un tiers lieu de 3000 m² à Nantes (la Cantine), un évènement professionnel qui rassemble plus de 10 000 personnes sur 3 jours…

Il a également accompagner de nombreux porteurs et porteuses de projets, en notamment dans le secteur de l’ESS.

Ramïn Farhangi

CooperativeOasis_Ramin_Village de Pourgues

Ramïn Farhangi est le cofondateur de l’école Dynamique à Paris (2015), réputée pour être une des premières écoles démocratiques en France, où les enfants font ce qu’ils veulent de leurs journées. Il a également cofondé le réseau national de l’éducation démocratique EUDEC France (2016). Il est l’auteur de Pourquoi j’ai créé une école où les enfants font ce qu’ils veulent (Actes Sud, 2018).

En 2017, il fonde l’écovillage de Pourgues, où il facilite des formations sur la vie collective et le leadership puis rejoint l’équipe opérationnelle de la Coopérative Oasis en 2022 comme animateur du réseau des oasis et accompagnant.

Il est également le fondateur de l’association Enfance Libre qui réunit des désobéissants afin de contester la suppression du régime légal de l’Instruction En Famille.

Coralie Darsy

Portrait Coralie Darsy

Après quelques années d’ingénierie dans l’eau et l’environnement, Coralie a été éducatrice Montessori.

En 2021, elle devient bénévole à la Coopérative Oasis pour lancer la Pépinière Oasis, puis rejoint pleinement l’équipe en 2022 pour coordonner les formations.

 

Mathieu Labonne

Ingénieur de l’Isae-SupAéro de formation ayant travaillé au CNRS dans la recherche sur le climat et la gouvernance carbone, Mathieu Labonne a été directeur de l’association Colibris où il a notamment développé le Projet Oasis.

Il est aujourd’hui président et directeur de la Coopérative Oasis, qui réunit des centaines de lieux de vie et d’activités écologiques et collectifs, où l’on expérimente des modes de vie sobres et solidaires au service du vivant.

Il est aussi engagé sur un chemin spirituel au côté de la sainte indienne Amma, dont il coordonne le centre, la Ferme du Plessis, près de Chartres depuis 2011.

Il est également président d’Oasis21, un ensemble de Tiers-Lieux en Île-de-France qu’il a contribué à créer.

Il est à l’origine de l’écohameau du Plessis  dans l’Eure-et-Loir où il réside avec sa famille.