L’habitat léger, une solution pour la vie collective et écologique

Moins cher, écologique et mobile, l’habitat léger s’adapte parfaitement aux besoins des oasis ! Il permet aux personnes de tester la vie collective sans s’engager ad vitam æternam, il offre une solution économique et rapide, il préserve les sols et le vivant tout permettant de vivre au plus prêt de la nature. Malheureusement, installer un habitat léger en toute légalité peut devenir un véritable casse-tête. L’association Hameaux Légers prend le temps de donner toutes les explications et astuces à celles et ceux qui veulent tenter l’aventure…

 

Qu’est-ce que l’habitat léger ?

La Loi ALUR de 2014 définit l’habitat réversible comme les “résidences démontables constituant l’habitat permanent de leurs utilisateurs” :

  • “occupées au moins 8 mois par an”
  • “sans fondations”
  • “disposant d’équipements intérieurs ou extérieurs”
  • “facilement et rapidement démontables” Elle précise que ces installations peuvent être autonomes vis-à-vis des réseaux (eau, électricité, assainissement).

Il existe quatre familles d’habitats légers ou réversibles, lesquels ont tous des fondations démontables (pierres sèches, pneus, vis, pieux ou plots de fondations) :

  • mobiles, montés sur roue (tiny house, roulotte, caravane)
  • transportables à l’aide d’une remorque (mobile home, Beauhabitat, conteneur) ;
  • démontables, pouvant être désassemblés, déplacés et réassemblés (yourte, dôme, maison nomade) ;
  • biodégradables, conçus à partir de matériaux naturels, à même de se décomposer naturellement une fois détruits (kerterre, maison terre-paille).
Un heureux habitant d'une yourte
Le Village du Bel Air / crédit : Alexandre Sattler

Pour Hameaux Légers, l’habitat réversible est une réponse à des enjeux à la fois écologiques et sociaux car ils sont beaucoup plus accessibles financièrement, ils ont une empreinte carbone réduite ou nulle pour les habitants comme pour la construction, et ils préservent à long terme la vie des sols.

L’essentiel soutien des élus locaux

L’urbanisme encadre l’aménagement du territoire ; il faut donc bien connaître ces règles qui conditionnent l’installation en habitat léger. Dans la mesure où il est interdit d’installer un habitat léger sur des zones non constructibles, un tel projet doit faire l’objet d’une demande d’installation auprès de différents acteurs.

Les élus sont les premières personnes vers lesquelles se tourner (communauté de commune, communauté d’agglo, communauté urbaine, métropole) car leur soutien est essentiel pour obtenir les permis. Il existe des astuces pour être en bons termes avec ses élus : privilégier l’oral à l’écrit, mettre son enfant à l’école publique, exercer une activité sur la commune, être originaire du coin, s’investir dans une association locale ou au conseil municipal, avoir un projet de construction ou de rénovation en parallèle, proposer de payer des impôts locaux en faisant un don à la Mairie… Il existe aussi de mauvaises pratiques qui peuvent desservir le lien aux élus : s’installer sur un terrain dont le propriétaire est en conflit avec eux, rendre l’habitat visible depuis une voie passante, choisir une zone naturelle protégée, une zone inondable ou une zone où le foncier est très cher.

Crédit photo : Pexels.com

Les techniciens des collectivités peuvent aussi être d’une grande aide et sont souvent assez ouverts aux initiatives alternatives du type habitat léger ! L’administration – à l’échelle locale, la direction départementale des territoires (DDT) – est aussi à prendre en compte, plutôt dans un deuxième temps. Enfin, les conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) sont des associations qui peuvent conseiller gratuitement sur les projets d’habitat léger et s’avérer être très utiles.

Bien connaître le PLU (plan local d’urbanisme)

Ces acteurs s’appuient sur différents documents pour encadrer l’installation en habitat léger, notamment le Plan Local d’Urbanisme (PLU) qui définit les zones constructibles. À noter qu’il est plus facile de demander des modifications de ce document en début de mandature…

Crédit photo : Pexels.com

Les “pastilles STECAL” sont des dérogations d’urbanisme qui permettent de s’installer en zones non constructibles (zone agricole ou naturelle). On entend beaucoup parler des STECAL mais il faut rappeler que ces dérogations sont accordées à titre tout à fait exceptionnelles, et sont très difficiles à obtenir quand il n’y a pas déjà des pastilles STECAL existantes. Il ne faut donc pas compter dessus quand on imagine son projet.

L’association Hameaux Légers recommande vivement de ne pas installer illégalement d’habitat réversible car cela installe ce type d’habitat dans l’illégalité et les habitants dans une peur constante d’être délogés. Elle propose donc des formations et des accompagnements à tous ceux qui rencontreraient des difficultés dans leur installation !


Pour en savoir plus

Tous les enjeux de l’habitat léger par les Hameaux Légers (PDF 5.2MB)

hameaux-legers.org

Livre : Guide juridique pour habitats alternatifs de Joris Danthon

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Daphné Vialan

Daphné Vialan

Daphné Vialan est passionnée par la vie en collectif et le vivre-ensemble. Elle a habité plusieurs années à l’Arche de Saint-Antoine, et habite maintenant au sein d’un collectif en formation au Nord d’Agen.

Elle accompagne des collectifs à prendre soin de leurs relations au sein de la Coopérative Oasis.

Son expérience personnelle, alliée à ses multiples formations (CNV, gouvernance partagée, dynamique de groupe, transformation constructive des conflits, Processwork et Clean Coaching) font de son travail une combinaison unique qui réunit le cœur et la tête.

Ludovic Simon

Ludovic Simon

Ludovic habite à Saillans, dans la belle vallée de la Drôme, au sein d’un écohameau où il a autoconstruit sa propre maison en ossature bois.

Passionné par les dynamiques de coopération et de gouvernance partagée, il est investi dans différents projets collectifs dont l’école Montessori « Que la Joie Demeure » qu’il a présidé pendant 6 ans.

Entrepreneur dans sa vie d’avant, il a cofondé plusieurs initiatives coopératives et associatives, dont une entreprise en gouvernance partagée dans le domaine de l’emploi (8 salariés) et un tiers-lieu de 3000 m² à Nantes (La Cantine).

Il a accompagné plus de 100 écolieux en projets ou existants depuis 2021.

Ramïn Farhangi

CooperativeOasis_Ramin_Village de Pourgues

Après une première expérience comme consultant en stratégie auprès de directions générales, Ramïn s’est tourné vers l’éducation pour agir sur les enjeux sociétaux à la racine.

Il a d’abord enseigné au collège et au lycée, avant de fonder une école Dynamique à Paris en 2015 puis l’écovillage de Pourgues en Ariège en 2017. Cette expérience l’a conduit à transmettre et accompagner d’autres collectifs.

Depuis 2018, il a formé plus de 250 personnes et accompagné plusieurs projets sur les questions de raison d’être, gouvernance, organisation et transformation des conflits.

Coralie Darsy

Portrait Coralie Darsy

Après quelques années d’ingénierie dans l’eau et l’environnement, Coralie a été éducatrice Montessori.

En 2021, elle devient bénévole à la Coopérative Oasis pour lancer la Pépinière Oasis, puis rejoint pleinement l’équipe en 2022 pour coordonner les formations.

 

Mathieu Labonne

Mathieu a été chercheur sur les changements climatiques puis consultant en gouvernance carbone avant de diriger l’association Colibris de 2014 à 2020, où il a initié et coordonné le projet Oasis. Il a alors co-fondé la Coopérative Oasis dont il est président directeur général.

Mathieu est également impliqué dans plusieurs lieux : coordinateur du Centre Amma/la Ferme du Plessis, fondateur et représentant légal de l’écohameau du Plessis et fondateur et ancien président de la coopérative CitéCoop qui gère plusieurs tiers-lieux à Paris.

Au fil des années, il a contribué à l’émergence de plus d’une centaine d’oasis et développé une connaissance approfondie des différents modèles, juridiques comme humains.

Mathieu est un accompagnateur hors pair pour aider à la structuration et au développement de projets collectifs.