3 prises de conscience que m’a offerte la Pépinière Oasis

Cette année, j’ai eu la chance d’être mentor pour la première promotion de la Pépinière Oasis. La Pépinière Oasis, c’est une formation pour les porteurs de projet d’Oasis, qui dure 6 mois. En septembre, nous nous sommes réunis au Campus de la Transition pour le dernier grand rassemblement des participants de la Pépinière Oasis. Un moment pour travailler ensemble, mais aussi pour célébrer, clôturer et faire un premier bilan de cette formation.

Je vous partage ici les 3 prises de conscience que m’a apportée cette formation.

1/ L’importance de se sentir « pas tout seul »

Pour beaucoup, le chemin vers la vie en oasis commence par une intuition, mais qui est dure à suivre à cause d’un profond sentiment de solitude ou de marginalité.

Avec la Pépinière Oasis, on se rend compte que l’on n’est pas tout seul ! Et c’est déjà une bonne partie du chemin d’accompli. On rencontre plein de gens comme soi, qui se pose des questions sur leur mode de vie et qui sont en train de le faire évoluer, et aussi plein de gens qui vivent déjà en oasis, qui ont fait ce chemin et peuvent témoigner des embûches et des beaux coins à ne pas rater !

Ça me fait penser à la théorie selon laquelle on est la moyenne des cinq personnes dont on est le plus proche : si vous prenez les cinq personnes qui vous sont les plus proches, vous verrez que vous leur ressemblez, vous êtes dans la moyenne de ce qu’ils ou elles font. Eh bien, grâce à la Pépinière Oasis, c’est l’occasion de faire rentrer dans son cercle intime des personnes pour faire bouger la moyenne des gens avec qui on a le plus d’interactions. Et que cela devienne ainsi plus simple, plus naturel de quitter son boulot ou son appart pour aller voyager à travers les oasis, ou d’installer des toilettes sèches chez soi, ou bien encore de parler de ses émotions et de sa vulnérabilité.

La Pépinière Oasis c’est se rendre compte qu’on est nombreux, que le changement est là, et que chacun et chacune est à sa place : qu’on soit encore en train de définir son projet, qu’on soit en plein chantier, qu’on soit installés en oasis, ou qu’on soit à la recherche d’un projet d’oasis à rejoindre. Cette diversité de situations est aussi la richesse du réseau des oasis.

2/ Y’a pas un chemin unique, une théorie, un modèle à appliquer

Au début du cursus de la Pépinière Oasis, les participants se retrouvent une fois par semaine pour une visio sur des thèmes généraux de la vie en oasis : les relations de groupe, la gouvernance, le modèle économique et juridique du projet, le lien au territoire, la permaculture, l’habitat, l’inclusion, etc.

Pour chaque visio, un ou une intervenante dresse d’abord un tableau général et plutôt théorique, puis trois personnes qui vivent en oasis témoignent de leur parcours et réflexions sur ce sujet.

Ce que ces visios m’ont appris, c’est combien les oasis n’ont pas de modèle unique, simple (bête et méchant) réalisable à l’infini. Chacune est une œuvre d’art patiemment construite, adaptée aux personnes qui lui donnent vie et à son milieu. Elles ont chacune une recette différente pour vivre ensemble et créer la structure concrète qui permettra à l’alchimie du commun de prendre.

Et ce constat peut d’abord être un peu frustrant. Quoi ? On ne ressort pas de la formation Pépinière Oasis avec un mode d’emploi clé en mains de comment construire son oasis ? Quoi ? Il n’y a pas de fiches types à remplir, de calendrier/retroplanning, de recette secrète à appliquer pour construire son oasis en 6 mois ? Mon coté élève studieuse en prend un coup… Il y a des ingrédients qu’on retrouve un peu partout, mais à chaque fois, la manière de les mélanger est unique !

Une fois la première déception passée, c’est finalement la joie et la créativité qui s’installent. Quoi ? Il n’y a pas de recette qui me contraint à faire ci ou ça ? Wahou, alors je vais pouvoir être inventive, créative, le chemin va se construire en marchant, et sera plein de surprise.

3/ Le plus gros changement, c’est à l’intérieur qu’il se fait, et il rayonne à l’extérieur de mille manières

Enfin, la dernière prise de conscience que m’a offert la Pépinière Oasis, c’est de sentir à nouveau combien le chemin intérieur est primordial, et entraîne avec lui les changements à l’extérieur, à un rythme qui nous dépasse.

J’ai vu dans la Pépinière Oasis des personnes arriver avec un projet et le faire avancer en accéléré grâce à la pépinière.

J’ai vu aussi des personnes arriver avec un projet et finalement le laisser de coté pendant la pépinière car ça n’était pas assez mur, ou que le groupe finalement ne convenait pas.

J’ai vu des personnes arriver avec une vague idée et avancer dans la définition de ce qu’elles veulent créer, ou bien choisir finalement de rejoindre un collectif plutôt que d’en fonder un !

J’ai vu enfin des personnes qui, en se frottant à la réalité de la vie en Oasis, se sont rendus compte que ça n’était pas pour elles, en tous cas pas aujourd’hui.

Mais quoiqu’il se passe, j’ai vu des personnes avancer, cheminer, grandir. Des choix se faire. J’ai vu des visages se détendre. J’ai vu des personnes âgées qui ont semblé rajeunir. J’ai vu des personnes plus jeunes qui ont semblé mûrir d’un coup. J’ai vu des personnes en chemin intérieur.

Et je crois que sur ce chemin intérieur, une fois qu’on a fait le premier pas, les autres s’enchaînent sans que rien ne puisse l’arrêter. C’est un chemin vers plus de vie, vers une connexion plus profonde à un élan intérieur et au sens profond de la vie, et c’est assez addictif !

Bref, je me réjouis d’avoir pu participer à cette belle aventure, et de moi aussi être en chemin dans cette immense forêt de projets qui se plantent, qui poussent, qui germe, qui fleurissent, fructifient, et contribuent au grand cycle de la vie !

En savoir plus sur la Pépinière Oasis


Pour aller plus loin

Vivre, tout simplement, un documentaire immersif sur les participants à la 1ère session de la Pépinière Oasis.

Encore plus de conseils pour celles et ceux qui vivent ou souhaitent vivre oasis dans le livre Vivre ensemble en écolieu écrit par Daphné Vialan, accompagnatrice à la Coopérative Oasis sur le volet humain.

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Daphné Vialan

Daphné Vialan

Daphné Vialan est passionnée par la vie en collectif et le vivre-ensemble. Elle a habité plusieurs années à l’Arche de Saint-Antoine, et habite maintenant au sein d’un collectif en formation au Nord d’Agen.

Elle accompagne des collectifs à prendre soin de leurs relations au sein de la Coopérative Oasis.

Son expérience personnelle, alliée à ses multiples formations (CNV, gouvernance partagée, dynamique de groupe, transformation constructive des conflits, Processwork et Clean Coaching) font de son travail une combinaison unique qui réunit le cœur et la tête.

Ludovic Simon

Ludovic Simon

Ludovic habite à Saillans, dans la belle vallée de la Drôme, au sein d’un écohameau où il a autoconstruit sa propre maison en ossature bois.

Passionné par les dynamiques de coopération et de gouvernance partagée, il est investi dans différents projets collectifs dont l’école Montessori « Que la Joie Demeure » qu’il a présidé pendant 6 ans.

Entrepreneur dans sa vie d’avant, il a cofondé plusieurs initiatives coopératives et associatives, dont une entreprise en gouvernance partagée dans le domaine de l’emploi (8 salariés) et un tiers-lieu de 3000 m² à Nantes (La Cantine).

Il a accompagné plus de 100 écolieux en projets ou existants depuis 2021.

Ramïn Farhangi

CooperativeOasis_Ramin_Village de Pourgues

Après une première expérience comme consultant en stratégie auprès de directions générales, Ramïn s’est tourné vers l’éducation pour agir sur les enjeux sociétaux à la racine.

Il a d’abord enseigné au collège et au lycée, avant de fonder une école Dynamique à Paris en 2015 puis l’écovillage de Pourgues en Ariège en 2017. Cette expérience l’a conduit à transmettre et accompagner d’autres collectifs.

Depuis 2018, il a formé plus de 250 personnes et accompagné plusieurs projets sur les questions de raison d’être, gouvernance, organisation et transformation des conflits.

Coralie Darsy

Portrait Coralie Darsy

Après quelques années d’ingénierie dans l’eau et l’environnement, Coralie a été éducatrice Montessori.

En 2021, elle devient bénévole à la Coopérative Oasis pour lancer la Pépinière Oasis, puis rejoint pleinement l’équipe en 2022 pour coordonner les formations.

 

Mathieu Labonne

Mathieu a été chercheur sur les changements climatiques puis consultant en gouvernance carbone avant de diriger l’association Colibris de 2014 à 2020, où il a initié et coordonné le projet Oasis. Il a alors co-fondé la Coopérative Oasis dont il est président directeur général.

Mathieu est également impliqué dans plusieurs lieux : coordinateur du Centre Amma/la Ferme du Plessis, fondateur et représentant légal de l’écohameau du Plessis et fondateur et ancien président de la coopérative CitéCoop qui gère plusieurs tiers-lieux à Paris.

Au fil des années, il a contribué à l’émergence de plus d’une centaine d’oasis et développé une connaissance approfondie des différents modèles, juridiques comme humains.

Mathieu est un accompagnateur hors pair pour aider à la structuration et au développement de projets collectifs.