Je m’appelle Catherine, j’ai 62 ans, j’habite en Savoie dans un ancien moulin que nous avons rénové au fur et à mesure depuis 30 ans. Je fais du conseil en innovation à impact à temps partiel et je m’occupe de ma mère qui a 87 ans et de notre propriété.
Notre propriété est un refuge LPO et nous avons à cœur de contribuer à la protection de la biodiversité, mais elle nécessite beaucoup d’entretien, alors que et nous prenons de l’âge. Nos enfants ont quitté la maison qui est un peu grande pour nous deux mais difficile à aménager pour plusieurs foyers, et n’est pas adaptée au vieillissement. Fin 2022, nous avions imaginé acheter une grande propriété afin de créer un écolieu participatif trans générationnel, dans lequel nous pourrions accueillir des jeunes qui veulent s’installer et développer des activités de culture ou/et d’élevage respectueuses de l’environnement, ainsi que de jeunes seniors comme nous, et qu’ensemble nous prenions soin du lieu et des uns et des autres. Pour cela, il fallait que nous nous formions, comprenions les enjeux de la création d’un tel lieu. La coopérative Oasis était une évidence pour cela. J’ai donc suivi la formation pépins 2023, et briefé mon mari au fur et à mesure.
J’ai trouvé cette formation très riche en contenu et en humanité. La combinaison de textes et de visios pour les apprentissages théoriques, suivies des visios avec questions réponses avec des experts, sont de grande qualité. J’ai adoré les rencontres en présentiels et les immersions, qui permettent de vivre des échanges avec des personnes qui ont aussi le projet de vivre en collectivité, et de réduire leur impact écologique. Les immersions, enfin, permettent d’aller dans la réalité et de voir concrètement ce qui nous convient, et ce qui est à éviter pour nous.
J’ai eu le sentiment que créer un écolieu était encore plus difficile que de créer une entreprise (je parle en connaissance de cause) ! Il est à mon sens impératif d’être accompagné dans son projet d’Oasis par une structure comme la Coopérative Oasis. L’approche que nous avions était risquée humainement et financièrement. Il est préférable d’avoir un collectif avant de créer un écolieu, et d’avoir des apports financiers équitables entre les membres du collectif. J’ai aussi pris conscience que mon mari surtout, et moi aussi à moindre degré, avions un niveau d’exigence et d’engagement très élevé, et que c’était une posture difficile dans un écolieu.
Je suis encore en train de « digérer » les informations de cette expérience. Elle ne va pas changer notre trajectoire de vie à court terme, mais je réfléchi aujourd’hui à quelque chose de différent de ce que j’avais imaginé au départ. Cela tourne autour de l’idée d’une résidence senior/Ehpad rurale gérée en mode « Montessori » par des seniors et leurs familles, qui s’adapte à l’évolution de l’état de santé des personnes, inclusive et ouverte sur le voisinage.